Plateforme Nature en Ville

Évaluer les impacts et les bénéfices des Solutions Fondées sur la Nature en milieux urbains

Comprendre la méthode HIBOU

La méthode HIBOU (méthode Hybride pour évaluer les Impacts et les Bénéfices des Solutions fondées sur la Nature en milieux Urbains) propose une approche scientifique, intégrée et opérationnelle pour analyser les effets des projets urbains sur la nature et le vivant.

Elle s’appuie sur :

  • Des travaux de recherche interdisciplinaires
  • Des thèses, projets nationaux et européens
  • Des groupes de travail multi‑acteurs (ex : CAP 2030 - GT7 Biodiversité)
  • Des échanges continus avec collectivités, aménageurs, bureaux d’étude et experts du vivant.

L’objectif : transformer une volonté qualitative (« plus de nature en ville ») en action mesurable, comparable et justifiable.

Les grands principes de la méthode HIBOU

La méthode HIBOU fait de la mesure un outil au service de la décision
et de la transition écologique

Multi-critères

Tous les enjeux urbains sont évalués de manière cohérente, sans hiérarchie implicite

Multi-échelles

Bâtiment, parcelle, quartier, ilot, territoire

Multi-solutions

Plusieurs solutions fondées sur la nature, mais aussi leurs alternatives “grises”

Contextualisé

Intégration des caractéristiques locales : climat, sols, densité, patrimoine, pression urbaine

Transparence

Chaque indicateur est documenté, accompagné de ses hypothèses et limites

Compatibilité réglementaire

Avec les cadres existants : RE 2020, CAP 2030, méthode QEC, etc.

Opérationnel

La Plateforme Nature en Ville est conçue pour être facile à prendre en main, même par des non-experts

Les enjeux évalués par la méthode HIBOU

Vous pouvez choisir de calculer seulement certains indicateurs de la méthode HIBOU ou de les mobiliser tous ensemble. La méthode a été conçue pour être totalement modulable et s’adapter à chaque situation.

Coefficient de Biotope Surfacique harmonisé (CBSh), richesse spécifique, diversité fonctionnelle, qualité des habitats, etc.
Rétention, infiltration, ruissellement, capacité hydraulique des SFN, évapotranspiration, etc.
Accès à la nature, pollutions, qualité des ambiances, etc.
Indicateurs ACV (carbone, pollution, ressources, eau), impacts sur la biodiversité ex-situ, etc.
Exposition aux ICU, Retrait Gonflement des Argiles, vulnérabilité climatique locale, etc.
Coût global, coûts évités, rapport coût/bénéfices des solutions fondées sur la nature, etc.

Une méthode au service des acteurs

HIBOU a été développée en partenariat avec des chercheurs, des collectivités, des aménageurs et des bureaux d’études.

Elle permet :

  • Aux collectivités : d’intégrer des critères environnementaux solides dans leurs cahiers des charges.
  • Aux aménageurs et promoteurs : de valoriser leurs projets et de comparer différents scénarios.
  • Aux chercheurs : d’expérimenter et d’améliorer en continu les méthodes d’évaluation.

Une méthode en évolution permanente

La méthode HIBOU est une démarche vivante, construite au fil de l’eau, en fonction des avancées scientifiques, des retours d’expérience et des opportunités de collaboration qui se présentent avec les acteurs du terrain. Certaines briques de la méthode sont déjà opérationnelles, tandis que d’autres sont encore en développement ou en phase d’exploration. Cette dynamique progressive permet d’intégrer régulièrement de nouveaux indicateurs, d’affiner les modèles existants et de répondre toujours mieux aux besoins des collectivités, aménageurs et bureaux d’étude. HIBOU est donc une méthode en amélioration continue, conçue pour évoluer et s’enrichir au même rythme que les enjeux urbains et les connaissances environnementales.

Contexte de développement de la méthode HIBOU

La méthode HIBOU est le fruit d’un effort collectif, construit au croisement d’expertises internes au CSTB et de nombreuses collaborations extérieures. Son développement s’appuie sur un socle scientifique robuste, porté par une grande diversité de métiers et d’acteurs de la transition écologique.

🔬 Expertises CSTB mobilisées

HIBOU bénéficie de la richesse des compétences internes du CSTB :

  • Hydrologie
  • Climatologie
  • Data science
  • Santé environnementale
  • Economie
  • Ilot de chaleur urbain
  • Ecologie
  • Développement logiciel
  • Ambiance urbaine
  • Analyse du cycle de vie

Ces expertises sont mobilisées de manière coordonnée, pour construire des indicateurs fiables, des modèles robustes et une approche véritablement intégrée des enjeux urbains. Cette pluridisciplinarité est l’un des piliers de la méthode HIBOU.

🤝 Collaborations et partenariats

HIBOU ne se construit pas seul : il s’appuie sur un réseau étendu de partenaires scientifiques, institutionnels, opérationnels et industriels. Ce travail collaboratif permet :

  • De co‑développer des indicateurs reconnus
  • De croiser des données et des méthodologies
  • D’aligner les outils avec les pratiques du terrain
  • De garantir la pertinence et l’opérationnalité de la méthode

Parmis cette écosystème d’acteur, le CSTB joue un rôle d’intégrateur : il fédère les contributions pour créer un référentiel harmonisé, cohérent et évolutif pour l’évaluation de la nature en ville.

Biodiversité in-situ

Comment la méthode HIBOU évalue la biodiversité directement impactée par le projet d’aménagement ?

La biodiversité est complexe, multiforme et ne peut pas être résumée par un seul indicateur. Elle dépend :

  • De la diversité des habitats
  • De la richesse en espèces
  • Des fonctions écologiques remplies par les espèces
  • Des dynamiques locales d’occupation du sol.

C’est pourquoi la Plateforme Nature en Ville exploite une famille d’indicateurs complémentaires qui couvrent les différents aspects de la biodiversité locale.

À ce stade, seul le moteur de calcul du Coefficient de Biotope Surfacique harmonisé (CBSh) est disponible dans la Plateforme.

HIBOU Flash

Coefficient de Biotope Surfacique harmonisé (CBSh) - CAP 2030

HIBOU Intermédiaire

Indicateur de qualité/fonctionnalité des milieux - CAP 2030

Indicateur de changement d’usage des sols direct
Indicateur de richesse spécifique

HIBOU Expert

Indicateur d’attribut fonctionnel
Indicateur de perméabilité
Indicateur dynamique de richesse spécifique
Espèces exotiques envahissantes

Le Coefficient de Biotope Surfacique harmonisé (CBSh)

Présentation du CBSh

Le CBSh (Coefficient de Biotope Surfacique harmonisé) est l’indicateur de référence du GT 7 Biodiversité de CAP 2030, piloté par le CSTB. Il mesure la capacité d’accueil de la biodiversité sur un site et répond à une question simple : quelle part de mon projet est réellement favorable à la biodiversité ?

Il se base sur une nomenclature détaillée de 41 types d’occupation du sol, chacun associé à un coefficient de capacité d’accueil pour la biodiversité.

Il prend en compte les surfaces végétalisées en fonction de leurs épaisseurs de substrat et de la combinaison de strates végétalisées qu'elles supportent.

Le calcul suit une logique simple :

  • Identifier les surfaces du projet :bâtiments, espaces extérieurs, toitures, sols, jardins, eaux, etc.)
  • Associer chaque surface à une typologie de la nomenclature du CBSh
  • Appliquer le coefficient correspondant : de 0 pour une surface défavorable à 1 pour une surface très favorable
  • Calculer le ratio total pondéré : le résultat final est compris entre 0 et 1, et représente la capacité d’accueil globale du site.

Le calcul du CBSh est réalisé à deux moments clés : avant projet et après projet. Cette double évaluation permet de savoir si le projet a :

  • Dégradé la capacité d’accueil du milieu
  • Maintenu le niveau écologique initial
  • ou Amélioré la capacité du site à accueillir la biodiversité

Cette lecture dynamique du CBSh est essentielle pour objectiver les choix, piloter les arbitrages et démontrer les bénéfices des aménagements fondés sur la nature.

La plateforme Nature en Ville intègre un moteur de calcul du CBSh entièrement conforme aux règles définies dans le cadre du GT7 Biodiversité.

Contexte de développement du CBSh - CAP 2030

CAP2030

Le projet CAP 2030 est porté le Groupement d'Intérêt Ecologique (GIE) formé par trois associations (Alliance HQE-GBC, Collectif des Démarches Quartiers Bâtiments Durables et Collectif Effinergie) avec le soutien de la DGALN et de l'ADEME et l'appui du CSTB et du Plan Bâtiment Durable.

L'objectif de ce projet est d'établir un cadre commun de référence partagé par l'ensemble des acteurs, afin de dépasser les exigences de la RE2020.

Il est composé de neuf groupes de travail, dont celui sur la Biodiversité.

Présentation des travaux du GT 7 Biodiversité

La perte et le changement d'habitats résultant des activités humaines demeurent les principales causes de l'érosion de la biodiversité et des services écosystémiques qui en découlent (i.e. régulation des ilots de chaleur urbain, gestion des eaux pluviales, approvisionnement en nourriture et en matières premières, renforcement des liens sociaux). Ainsi, lors de la planification d'un projet urbain, les acteurs de la construction et de l'aménagement doivent veiller à limiter leurs impacts sur la biodiversité. Pour cela, un ensemble de moyens sont à leur disposition : végétalisation, désimperméabilisation, intégration de nichoirs, etc.

Pour atteindre cet objectif, un éventail de moyens est à leur disposition, tels que la végétalisation, la désimperméabilisation ou encore l'intégration de nichoirs. Afin de garantir que ces mesures répondent adéquatement aux situations spécifiques auxquelles les acteurs sont confrontés, il est essentiel d'évaluer et de mesurer les impacts, qu'ils soient positifs ou négatifs, que ces actions ont sur la biodiversité des milieux. C'est dans ce contexte que s'inscrivent les travaux du GT 7 Biodiversité dont la démarche s'articule autour de deux actions complémentaires :

  • Mesurer la capacité d'accueil biodiversité des projets : calcul du Coefficient Biotope Surfacique harmonisé (CBSh) avant et après projet.
  • Mesurer la qualité et la fonctionnalité des milieux afin de s'assurer que :
    • Les acteurs connaissent les enjeux biodiversité du site initial et les intègrent dans leurs réflexions en phase de conception des projets
    • Les aménagements mis en place sur le projet permettent de soutenir de manière effective le cycle de vie des espèces (installations de nichoirs, de plantes à fleurs ou à baies, etc.)

Depuis 2021, le GT 7 Biodiversité est coordonné par le CSTB (Aline BRACHET) et réuni plus de 180 (écologues, aménageurs, collectivités, labels, BET…), garantissant la pertinence écologique et l’opérationnalité des indicateurs proposés.

A ce stade, la Plateforme Nature en Ville permet le calcul du CBSh. Les développements informatiques sont en cours pour automatiser le calcul de l’indicateur de qualité/fonctionnalité des milieux. En attendant, vous pouvez utiliser l’outil Excel : Grille de calcul de l’indicateur de qualité/fonctionnalité - Version de Juillet 2025.